J’ai découvert les photos de Fanny Latour-Lambert parce que j’avais envie de trouver une fille jolie et que j’ai découvert que j’avais raison à travers ses photos à elle. Évidemment, ça compte la façon dont on découvre les photos de quelqu’un. Ça joue dans la perception. Surtout quand on passe un peu de temps à chercher.

Puis je les ai regardées et regardées encore. Parce qu’au début j’avais perçu de jolies textures, un traitement qui rappelait les jolies densités de l’argentique – « analogique » pour les plus jeunes. J’avais cru tomber dans une des meilleures choses à voir dans la triste atmosphère de pose de la photo fashion, déclinant à volonté des new face. Puis, puis, puis…

Puis je me suis rendu compte de l’effort de travail sur l’univers crée à chaque séance. Une mise en scène de fond, dans la façon dont sont choisis et montrés les décors. Avec légèreté, et brillamment. Puis j’ai fini par avoir l’impression de trouver quelque chose de plus fort, au centre de toutes les photos de Fanny Latour-Lambert. Les modèles deviennent vite et toujours avec cet art de flotter entre le symbolique et le léger, des personnages. Et leur jeunesse, parfois poussée par la façon de la photo, devient à son tour un élément central.

Au final, ce thème de la jeunesse, je finis par le voir partout dans les images de Fanny Latour-Lambert. Ce n’est plus un détour, un ornement de la pose. Ce n’est plus la parure qui fait genre. C’est le cœur, c’est le sang de l’image. Du petit garçon espiègle à l’homme dans l’obscurité figé en passant par toutes ces jeunes filles natures dans leur façon d’être mannequin. Je ne vois que ça. L’agneau sur le billot. Magnifier et voler en même temps l’élan vital. Photographier.

C’est pourquoi j’ai choisi cette séquence en chiasme approximatif.

>>> Fanny Latour-Lambert