De temps en temps un billet est consacré à une modèle et rien qu’à une modèle pour qu’on ait le temps de s’y attarder, de poser ses yeux sur elle plutôt que sur les photographies, les œuvres, les séries et les faiseurs. Pour qu’on fasse le chemin inverse qui va du sujet à ceux qui le créent. Pour une fois, parfois.

J’arrive parfaitement à concevoir qu’on ne trouve rien à Camdamage, cette jeunette américaine qui dès qu’elle a débarqué dans les objectifs ricains a fait le tour de presque tous ceux qui nourrissent les 3/4 des flickr, tumblrs que les gens comme moi parcourent à longueur de journée. J’arrive à le concevoir d’une part parce que Cam est une sorte de bête issue des tréfonds de ces réseaux si adorés (pour qui se prend-elle ?) et d’autre part parce que ses atouts doivent dérouter le quidam.

Le côté exhibitionniste, les pauses à la maison, en couple, derrière le chat, à la volée, à l’envolée qu’on dirait même, enlevées. Les pauses sans poser et en posant, à mi-chemin entre le vrai naturel et la fausse recherche. Tout ce que j’aime. Tout ce que j’aime photographier de mon côté. Quand on dit au modèle: "refais ça, comme ça, non… oui… ne bouge plus" et qu’on tourne autour. Un physique un brin gars, un sanglage de pôle danceuse, les noisettes à peine outrées percées et de la chair aux fesses. La générosité du cul. L’art du tomber-serré de chaussette impromptue. Ôde à Camdamage. Les photos avec son roux de copain le gode ceinture devant sa tête qu’elle tient, leurs ébats pour highcastle. Son "buisson", comme elles disent entre copines, assumé. Cette farouche résistance à faire comme tout le monde, cette façon de se montrer sans se montrer dans le plus parfait exhibitionnisme, ses petites vidéos de fessées, et une danse en rentrant du travail le soir… Douce et crue. Légère et dense…

Ôde et hommage aux dommages commis sur ma personne qui chaque jour la scrute dans le but certain de tout oublier le jour où, devant mon objectif, elle sera.

Car c’est écrit, ça.

Camdamage, c’est tout ici

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