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Andrea Tomas Prato, ou un ensemble d’images qui fonctionnent très bien séparément, avec leur logique interne, leurs propres clefs de lecture séduction, qui plonge toujours l’œil dans des lignes douces, même quand l’image est plus dure. Et puis à force, à force de les parcourir, des thèmes ou des façons communes de faire: des cadres, des obsessions du détail ou de faire tomber les lumières, comme ces découpes de noir sur des visages, comme ces morceaux de bouche à la limite des hors cadres, comme ces portraits par-dessus l’épaule.

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Bruno Taddei est un des tout premiers photographes que j’ai découvert et suivi sur flickr, comprenez, c’est avec lui que je me suis rendu compte que ce vaste réseau social photographique aux boules de geisha rouge et rose n’était pas seulement une drop box pour photos de familles, lolcats, paysage HDR à en tomber raides de fatigue, ou autres non moins médiocres montages photos avec des calques trop stylés, piqués sur des banques de calques deviant art…

La rencontre s’était d’ailleurs faite autour d’une recherche sur un objet que nous aimons, semble-t-il, tous les deux : la cafetière italienne.

Maintenant que j’ai moi-même relativement évolué depuis mes toutes premières et maintenant que j’ai ce blog, je suis fier de vous montrer une sélection d’images autour du portrait, de l’eau et des vapeurs.

Le reste des photos de Bruno Taddei

>>> http://www.flickr.com/photos/bruno_taddei/

>>> http://www.brunotaddei.com/

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Love, Soulsavers

Les souvenirs d’un certain séjour à Florence baignent dans une collection d’images photographiques douées d’émotion pure, une confusion toute claire. Une question d’ordre des choses simplement. Car la confusion n’est une source d’inquiétude que pour ceux qui ne savent pas se délecter des usuelles trouvailles mémorielles, jouer avec les teintes des idées, laisser libres les associations de l’esprit, les calembours chrono-logiques.

Des prénoms, des lieux et des dates… Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Les hommes ont inventé l’information pour régner sur des façons de penser alors que l’imaginaire, non délié de ses extérieurs, se suffit à lui seul. Florence est une ville en Italie où seule la lumière a compté les délices des décors, des corps.

Qui avait donc été vu en premier lieu ? Quel intérêt ? Et pourquoi ne pas se demander « quand »… temps qu’on y est… Les reflets de l’Arno peut-être savent mieux quels rayons de lumière ils ont charrié. L’homme n’est pas la mesure de toute chose. Les matières et les vents, les ondes et les corpuscules, les angles et les artifices impriment nos corps en distillant des essences, en imprégnant les organes.

Décence.

Un passage aux murs épinards et un visage dans une autre photo. Vue d’une voiture : une silhouette, une figure, une cigarette. Elle regarde ici. On roulait doucement, le moteur en sous-régime léger dispersait un ronron métallique rassurant. On a dû s’arrêter et puis je ne sais plus non plus qui j’ai suivi dans cette rue dont les murs semblaient rayés comme du verre.

Il y avait de l’air. Son manteau avait une ceinture et on a marché un peu, sans se parler, l’un derrière l’autre, sans savoir bien qui suivait, qui précédait et surtout qui avait une idée de cette destination pourtant inconnue. Les noirs étaient granuleux.

Rien déjà n’était plus trié. Un bouillon comme un souffle frais sur l’iris. De petits tourbillons d’air. Rétraction des chaleurs, expressions non contenues mais sobres. Aucun moyen de savoir s’il s’agissait de projections mentales ou de souvenirs du lendemain déjà fabriqués mais son corps nu s’est présenté comme une évidence, un désir tout clair, une brume. Elle s’offrait déjà ou encore, ou toujours… Nous allions y aller. A moins que nous n’en revenions.

Les oranges et les bleus comme les pleins et les déliés. Face à la fenêtre, un filet de lumière qui bénit le lieu où sa peau, je le sais depuis après, est la plus douce : un petit pli avant la naissance de la cuisse. Tout est en train de se produire en même temps, en un seul instant. Tout le temps de ce certain séjour s’est concentré en un point unique qui se disperse en lui-même. Des flocons de lumière colorés.

Sa peau, aussi, a brûlé devant la fenêtre. Au contact d’un drap rêche, elle a cambré. Son sein s’est dressé. La courbe descendant de ses côtés à sa hanche a crée l’hypnotique trou noir, le premier appel. Mon corps, alors, a dû se mouvoir, se saisir, faire… mais les regards précédents avaient tellement été inondés que rien, c’était su, n’allait déchoir mon état éthéré…

La fin était pleine d’un espace vidé addictif.

Le début était dépourvu en suites.

Au milieu, des images.

Des mots ou des sons parfois reviennent assourdis à cet organe qu’est la mémoire, comme sous un toit de neige molle.

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texte par lobbiaz

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