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On peut voir cette série à l’identique ou presque sur le site de Chill lui-même. Il ne s’agit ici que d’un doublon. J’ai tellement fait d’aller-retours sur la toile pour l’afficher que j’ai fait comme le collectionneur entré dans l’intimité de l’objet et qui décide de se faire croire qu’il le possède enfin, ou en partie. Car ce sont les objets qui nous possèdent, comme chacun sait déjà. Poser sur une étagère, afficher, montrer en souriant aux visiteurs perplexes et qui demandent: "mais tu n’as rien ajouter à ces images, pas de sélection, pas de mise en valeur, pas de séquence ?", leur répondre béat que non… Lire la suite »
Des plans simples et rapprochés, des ambiances, des têtes coupées ou masquées par des avatars animaux, des personnages amputés en guise de décors, j’ai tout de suite penché pour le jeu de mot sur le cadavre exquis. Car ils le sont, à peine dépecés, entamés et gisant dans la feinte d’une douceur enveloppante. Et ces animaux empaillés qui ne reprennent pas vie, qui ne sont pas là pour feindre mais pour encore enchérir la mise en scène. Et ces matières nues, vivantes ou tissées, des chevelures qui servent de visages…
Hommes, femmes, invitation, mise en garde, spectre ou chair… on ne sait rapidement plus si on doit continuer de se plonger dans ce qu’il advient d’emblée des photos de David Gomez M: un univers. En peu de caractères, avec un langage simple, une économie de moyens et la récurrence d’un jeu silhouette/environnement naturel les photographies transportent. Un voile, un traitement éthéré, un menton relevé dans un regard aguicheur ou un ventre creusé rentré pour créer des personnages de ces lieux inexistants…
Sleep, dreams est un ensemble disparates de compositions photographiques à l’atour poétique sûr. Des décors ramollis dans des couleurs assouplies par les chimies des divins instantanés presque immaîtrisables. Un corps anonyme, aux traits parfois asiatiques. Une classe sans faisceau. Des petites séries de carrés que j’ai glanés pour vous par soin de vous soutirer à vous-mêmes. Vous verrez qu’on peut vite se laisser hanter par ces visions oniriques où les menottes paraissent si tendres. Des dos et des lumières, des lignes de jambes qui jouent à disparaître dans les fonds. Un corps objet, un corps image. Des images au corps…
Inthoughts est un photographe allemand qui justifie sa démarche par quelques sublimes lignes: c’est après avoir acheté un appareil photo analogique et commencé à produire que s’est révélé pour lui la passion et qu’il s’est mis à produire de plus en plus. La rencontre d’une singularité et d’une machine, l’une révélée par l’autre, accompagnée, poussée…
Depuis que je l’ai publié en février 2010 sur ce même blog, ça a changé Edoardo Pasero. C’est devenu ce que c’était déjà, ce que ça aurait dû être, ce que ce sera toujours. C’est moins doux peut-être. Plus noir, plus nocturne. C’est plus narratif sûrement. La naissance d’un site et le besoin de publier par séries à la façon de scripts cinématographiques photographiés. Les portraits trouvent des cadres qui leur ressemble, dans lesquels ils fondent, s’affrontent.
Il y a un procédé par lequel Cyanide Mishka parvient à transposer dans les rectangles de pixels surtraités la douleur qu’elle semble éprouver en douceur à voir. Il y a sûrement un tuyau algorithmé par lequel ça se transforme. Un boyau, ça ne peut être que ça.
Le sait-elle ? Le savent-ils quand ils le font ? Est-ce important ? Ils tournent autour de ce boyau de façon brillante. Ils ont aussi compris que vous aimez ces fils photos exhibotorturés, analiticotorturant, illico tonitruants.
Patricio Suarez est un photographe professionnel qui s’exerce dans différents domaines commerciaux et continue parallèlement à produire des clichés bien à lui, presque tous carrés et à l’argentique. Les optiques Zeiss sur le moyen format ont l’air d’être les armes préférées de ce puriste, de ce chasseur de détail, de ce metteur en scène de féminité.
Le blog a souvent distingué la photo de l’image et donné l’ascendant à la première sur la seconde, en lui reconnaissant tout un tas de qualités que la seconde oubliait comme un enfant indigne. Cette distinction maintenue, je prends beaucoup de plaisir à promener mes yeux parmi les images – souvent carrées – d’Emmanuelle Brisson.
Des centaines de likes, de favs et de commentaires pour quelques 200 photos et très rarement un bout de visage. Toujours cette silhouette dissimulée, tournée vers le paysage. Toujours ce gimmik et ce succès. Y aurait-il comme un phénomène Yatender ? J’ai choisi de vous montrer cette semaine ce que je préfère de ses travaux: ces très belles superpositions où justement la dissimulation du sujet se fait dans le décor. Fondu, j’aime particulièrement ce cliché (en 5è position) où le contour du corps devaient la matrice d’un paysage à la fois urbain et naturel. Il y a comme une prophétie romantique, un peu de tristesse aussi, dans l’idée de cette assimilation du corps et du monde, dans des fusions blanchâtres et comme en train de disparaître.




















