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On peut voir cette série à l’identique ou presque sur le site de Chill lui-même. Il ne s’agit ici que d’un doublon. J’ai tellement fait d’aller-retours sur la toile pour l’afficher que j’ai fait comme le collectionneur entré dans l’intimité de l’objet et qui décide de se faire croire qu’il le possède enfin, ou en partie. Car ce sont les objets qui nous possèdent, comme chacun sait déjà. Poser sur une étagère, afficher, montrer en souriant aux visiteurs perplexes et qui demandent: "mais tu n’as rien ajouter à ces images, pas de sélection, pas de mise en valeur, pas de séquence ?", leur répondre béat que non… Lire la suite »
Hommes, femmes, invitation, mise en garde, spectre ou chair… on ne sait rapidement plus si on doit continuer de se plonger dans ce qu’il advient d’emblée des photos de David Gomez M: un univers. En peu de caractères, avec un langage simple, une économie de moyens et la récurrence d’un jeu silhouette/environnement naturel les photographies transportent. Un voile, un traitement éthéré, un menton relevé dans un regard aguicheur ou un ventre creusé rentré pour créer des personnages de ces lieux inexistants…
Sleep, dreams est un ensemble disparates de compositions photographiques à l’atour poétique sûr. Des décors ramollis dans des couleurs assouplies par les chimies des divins instantanés presque immaîtrisables. Un corps anonyme, aux traits parfois asiatiques. Une classe sans faisceau. Des petites séries de carrés que j’ai glanés pour vous par soin de vous soutirer à vous-mêmes. Vous verrez qu’on peut vite se laisser hanter par ces visions oniriques où les menottes paraissent si tendres. Des dos et des lumières, des lignes de jambes qui jouent à disparaître dans les fonds. Un corps objet, un corps image. Des images au corps…
Il y a un procédé par lequel Cyanide Mishka parvient à transposer dans les rectangles de pixels surtraités la douleur qu’elle semble éprouver en douceur à voir. Il y a sûrement un tuyau algorithmé par lequel ça se transforme. Un boyau, ça ne peut être que ça.
Le sait-elle ? Le savent-ils quand ils le font ? Est-ce important ? Ils tournent autour de ce boyau de façon brillante. Ils ont aussi compris que vous aimez ces fils photos exhibotorturés, analiticotorturant, illico tonitruants.
Séduisant, intriguant, délicieux, délicat, toujours doux, le regard de celui qui a choisi un pseudonyme équivalent à un angle presque naturel de vue "35mm", nous dépose toujours avec la violence que savent avoir la finesse et la tendresse sur le corps féminin. On se laisse aller, on s’y laisse aller…
Quand j’entends Roarie, je pense toujours à cette petite voiture de courses pour enfants. Puis je divague sur sa manie du blink, son hyperactivité et ses dérapages permanents avant de me rappeler à l’élément central de cette modèle américaine si fine et gaulée, si tonique pourtant: la sensualité.
De temps en temps un billet est consacré à une modèle et rien qu’à une modèle pour qu’on ait le temps de s’y attarder, de poser ses yeux sur elle plutôt que sur les photographies, les œuvres, les séries et les faiseurs. Pour qu’on fasse le chemin inverse qui va du sujet à ceux qui le créent. Pour une fois, parfois.
J’arrive parfaitement à concevoir qu’on ne trouve rien à Camdamage, cette jeunette américaine qui dès qu’elle a débarqué dans les objectifs ricains a fait le tour de presque tous ceux qui nourrissent les 3/4 des flickr, tumblrs que les gens comme moi parcourent à longueur de journée. J’arrive à le concevoir d’une part parce que Cam est une sorte de bête issue des tréfonds de ces réseaux si adorés (pour qui se prend-elle ?) et d’autre part parce que ses atouts doivent dérouter le quidam.
A défaut d’une foule de mots pour qualifier le travail de celui qui ne prétend pas photographier pour faire de jolies images ni de l’argent mais parce qu’il s’y sent appelé, un jeu de mots.
J’ai découvert les photos de Fanny Latour-Lambert parce que j’avais envie de trouver une fille jolie et que j’ai découvert que j’avais raison à travers ses photos à elle. Évidemment, ça compte la façon dont on découvre les photos de quelqu’un. Ça joue dans la perception. Surtout quand on passe un peu de temps à chercher.
Puis je les ai regardées et regardées encore. Parce qu’au début j’avais perçu de jolies textures, un traitement qui rappelait les jolies densités de l’argentique – "analogique" pour les plus jeunes. J’avais cru tomber dans une des meilleures choses à voir dans la triste atmosphère de pose de la photo fashion, déclinant à volonté des new face. Puis, puis, puis…
Sylvain Entressangle photographie presque exclusivement des femmes plus ou moins habillées. On le sent d’ailleurs dans l’œil du photographe, le jeu sur la limite de la pudeur du modèle, sur la sienne propre, sur celle de cette notion toute floue appelée "goût" bon ou mauvais. Difficile de dire si Sylvain Entressangle produit une œuvre répartie en séries parfois très différentes les unes des autres ou s’il pense ses travaux comme des petites séries bien réfléchies et que ces séries s’inscrivent dans un projet plus grand (je penche pour cette interprétation) mais ce que l’on constate est de cet acabit: des morceaux de partitions distincts qui prennent corps ensemble sur le fil du temps même si les recherches de l’auteur peuvent aller dans des directions très variées. Cet aspect me séduit. Les types qui osent, qui s’arrêtent pas à ce que l’on attend d’eux. Qui jouent des jeux, qui imitent, qui essaient.




















