Trois écoutes sont venues à mon oreille, plus vraies que nature, en (re)pensant à ces images et à ce texte.
Pattern Recognition, Sonic Youth
Comme un Légo, Alain Bashung
Have Mercy, Crookers feat. Carrie Wilds
 
 
 

 
 

Des foules de faces au fronton, des directions figées et ignorées. Passants et repassants. Tous ces petits êtres sont pourtant vivants, qui gâchent nos horizons et déçoivent nos attentes. Des gris argentés en superposant des couches argentiques. Pied de nez au spectre, aux graphistes, High Definition Rangé bien profond.

Puisqu’au commencement, au seul possible, était le rectangle, puisqu’aucune des techniques visant à en venir à bout n’a été épuisée et que mille autres sont apparues comme autant de nouveaux cosmos à explorer, puisque personne n’a la fusée, il nous faut trouver de nobles moyens d’y écrire encore et toujours.

Une fin en soi.
 
 
 
 
 

 
 

Des rives droites, des perspectives renflouées. Les pierres des murs contiennent plus de nature en eux que les arbres mécaniquement plantés juste en face, à égale distance les uns des autres et probablement alignés avec ceux de cet autre trottoir. Pas trace d’une cellule. Encore moins d’âme. Pourtant tous semblent sur le qui-vive.
 
 
 
 
 

 
 
L’amas s’est parfois crée en marchant. Traverser une inhumaine rivière de pantins articulés, les mains pleines de sacs, les sacs remplis d’intentions. Pas un saumon qui remonte. L’accumulation a pu faire apparaître un blanc plus blanc, plus absolu, qui ne peut servir de balance. Une trouée blanche sur triangle de ciel sans intention. Un système à plat. Des visages, des figures induits, devinés, en hypothèse. Et si vous regardez bien, en travers des arbres, on voit comme poindre des chemins, des traces de lumière : il s’agit d’un d’horizon menti qui se décale pour chaque cliché.
 
 
 
 
 

 
 

Les impressions sont libres, les effets décalés. Ces harengs de boîtes sortis, ce tout incognito a parfois la teinte assourdissante. Poser. Charger de monde le cadre. Attendre. Shooter. Recharger de monde neuf. Attendre ou marcher ? Shooter. Créer sans espace en entassant : 50 divisé par 10 égale 500.

Paris… Paris… on aura jamais vu autant de visages n’apparaître à personne, on aura jamais vu ce déni d’épiphanie renouvelé toujours, dans chaque transport, dans chaque moyen, sans que personne ne bouge, pas même hors de soi. Aux abords des flux abusés de ces buses naissent ces icônes, ces logos, ces formes éclairées, enluminées, fixes, hautes et grosses, derniers remparts de nos valeurs, qui sont les leurs, qui sont cotées, qui sont des leurres et de l’autre côté. A la chaîne.

Un Hadès à traverser. Caron en Von Dutch©, Obole hollywood©, hostie prémâchée, déferlantes d’édulcorants. Nos addictions, nos esprits, nos corps, leurs profits. Aucun profil sur ton avenue.

Les champs, l’Élysée.
 
 
 
 
 

 
 

Des êtres enfouis sous des écharpes, camouflés dans du léopard, synthétiques, mis en valeur par du treillis, le bandana rouge sur un front de rocker, les boucles d’oreille en spirales démesurées volées dans un magasine déco, la planète des singes en catacombe, l’ombre de Darth Vador qui veille comme un spectre verdâtre en face des néons fluos, au-dessus des arbres grisâtres et dévitalisés.
 
 


 
 


 
 
 
 
 
Jérémi Trocmé est le seul type que je connaisse dont le blase semble plus réel que le nom. Edouard Mortec est le seul blase que je connaisse qui suspend en plein vol l’effet de vraisemblance de sa réelle carte d’identité.

C’est un honneur pour moi de présenter ses images ici, en toute sincérité, surtout que je crois bien que je suis le premier blog…

Visitez-le, demandez-le, achetez-le, accrochez-le mais laissez m’en un peu.

http://www.jeremitrocme.com/

http://edmortec.tumblr.com/

Photos : Jérémi Trocmé aka Edouard Mortec
Texte : Lobbiaz