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Au commencement Ă©tait le jeu. Les pĂ©dagogues nous emmerdent depuis la nuit de leurs temps avec ludos, ludis, ludere, lusi, lusum toujours admis dans le noble sens du mot jouer. De cette capacitĂ© Ă  assembler des piĂšces, pousser des portes, chercher une fin, Ă  entrer dans un systĂšme rĂ©glĂ© comme par la grande porte symbolique sortiraient naturellement les premiers germes de l’intelligence. Les maĂźtres chiens de l’armĂ©e choisissent toujours les chiens les plus joueurs mais dans des races donnĂ©es : berger allemand ou mieux encore malinois.

Le dictionnaire lui-mĂȘme affirme le dĂ©sintĂ©rĂȘt de cette activitĂ© chez l’enfant. Cette puretĂ© enfantine, cette virginitĂ© de l’esprit, cette curiositĂ© naturelle, comme une condition a-priori de la grandeur d’Ăąme, et cette prĂ©gnance de la main (propre de l’homme) comme clĂ© de voute de nos sociĂ©tĂ©s. Ce serait l’adulte qui tomberait dans le vice. Jeux de sociĂ©tĂ©s, vivre ensemble, jeux tĂ©lĂ©visĂ©s, coupe du monde, tour de France, poker, jeux Ă  boire, jeu du foulard, française des gueux, euromillions, narcoleptiques, sommeil…

On ne se débarrasse jamais des théories de la chute.

Le sens premier du mot « jouer » pourtant est de se moquer, de ridiculiser. J’aime Ă  croire que toute l’intelligence peut se trouver lĂ , tout y rĂ©duire.

L’autre sens qui me plaĂźt mieux est celui de cet espace de flottement entre des piĂšces qui ont un fonctionnement mĂ©canique entre elles. Ce jeu peut aussi ĂȘtre temporel. Ce jeu est parfois laissĂ© volontairement, par nĂ©cessitĂ©, ou mĂȘme aprĂšs un changement d’Ă©tat des piĂšces, une altĂ©ration, une dĂ©gradation. Le gĂ©nie, et pas seulement le gĂ©nie mĂ©canique, consiste Ă  savoir crĂ©er ce jeu. Le jeu de l’amour et du hasard.

J’ai essayĂ© de sĂ©quencer les images Ă  venir en fonction d’Ă©lĂ©ments avant tout de couleur et de composition.

Argijale Argijale joue sur les Ă©chelles.

DĂ©couvrez ses photos ici :
http://www.flickr.com/photos/argijale/