Des coeurs flottant dans une nuée de formol viscéral retournant la fameuse sentence « le coeur fait tout, le reste est inutile » contre son propos par le jeu du représenté et de son traitement. Qu’y a-t-il de plus mort que cette force laiteuse gonflée, qui nous ferait presque croire à un élan vital ? Qu’y a-t-il de plus menteur que cette impression de plein quand on sait que le sang n’y est plus, que le jus est rance et amère ?

Les cendres sont un environnement sec où renait le Phénix, la paille dans les carcasses arides des bestioles passées entre les mains expertes des taxidermistes est une poudrière enfermée. Le malaise provenant des derniers animaux vient de leur incroyable ressemblance avec leur forme vivante.

Mais quand ça baigne dans une eau aussi sale que celle où on a laissé une vaisselle d’une semaine se recouvrir d’un film grisâtre et gluant, même quand ça suinte simplement comme les statues de cire, le malaise est plus grand, plus profond, ancré en nous comme l’est le l’H2O.

La mise en abime de ces cœurs écœurants crée un écartement conscient, une crise, un cartel crasseux où nous concevons encore nos âmes grises. Enveloppe suspendue dans le mou d’un bocal et ce lait trouble qui met le vague aux commissures des lèvres. Collection immergée. Vomi