Ce qui est savant dans une série aussi courte que ces 4 panneaux proposés par Antonio Andrade, c’est l’infime modification de tons qui fait qu’un processus presque invisible est à l’oeuvre. J’ai respecté la séquence qu’il propose à l’identique sur son site, ici : http://www.antonioandrade.net/photography/

La première des images associe à des poses assez simples mais dures, une tonalité chaude et assez proche de ce que l’on obtient quand on fait des photos chez soi. Je veux parler de l’oranger de la peau. Et ce regard farouche, qui a l’air de dire que tu ne m’apprivoiseras pas…

Le noir et blanc peut être lu et vu comme le moment du basculement vers un autre état. Déséquilibre causé par la main qui touche le visage et dont on ne sait pas vraiment à qui elle appartient : au modèle, au photographe, à un tiers ? Intrusion dont le personnage féminin a l’air d’être la victime consentante.

Les tons magenta et rouge de la troisième image, répandus sur le visage au regard soudain si apaisé de la demoiselle, comme du sang suggèrent que quelque chose a eu lieu. La proie, qu’elle ait été simplement dévorée, n’a pas dû faire long feu et les images de la scène semblent remonter à la mémoire de la belle avec extase. Son regard, à droite, nous accroche au mur (pin up ensanglantée).

Le retour à la normale est alors en cours sur le dernier panneau. Le regard de gauche rappelle l’état du début. Celui de droite le carnage. Mais les tons sont froids, d’un bleuté léger, proche du blanc. Le magenta n’est plus dans l’air, il n’est que sur le menton du plus doux des charognards qui existe.

… … … …TROUBLE EVERY DAY came to my mind…