Il y a quelques jours, je repassais en revue des dossiers de photos, des images, des choses. Toujours ces mêmes impressions qui m’habitent, sur un mode alternatif déconcertant. Aller de certitude totale en incertitudes démolissantes. Déchoir d’un ego que les autres caractérisent comme dantesque à l’envie de se souiller. Ne plus savoir plus rien.

Quand ces photos ont été réalisées il y a un an, il m’a fallu des semaines pour m’autoriser à les regarder. Je me souviens. Je l’ai fait à toute vitesse, le cœur réprimé par une crainte de ne pas me plaire à moi-même, d’avoir crée un objet de honte. Ça me fait souvent ça. Dans cette dynamique là, j’avais choisi le easyreading. Une certaine forme de photo pas trop décalée, pas trop différente. Je m’étais fondé sur un leurre : le goût des autres. C’est un leurre car c’est bien nous qui l’imaginons, ce goût des autres. C’est l’image d’une image.

Un an après, sans savoir pourquoi, la boîte de Pandore s’ouvre seule et les choses changent. Les regards se refont, les estimes aussi. De soi, de ses productions.

Hier j’ai donc remis en ligne 35 images dans ce portfolio et la plupart des premiers choix ont été simplement éliminés :

http://www.darqroom.com/portfolio/9048

Le magnifique et oh combien sympathique modèle que vous voyez sur ces photos réalise elle-même des images, à voir :

http://www.flickr.com/photos/camille_victorine/