Une des taches les plus complexes – pour moi qui tiens ce blog mais s’en vouloir m’en plaindre – est d’aller chercher dans des matériaux très bruts une matière que vous parveniez à appréhender comme fine. Vos yeux, notre regard, manquent si souvent leurs objets. Notre regard, vos yeux, sont si souvent juste à côté, à se voir un reflet de bout de soi mal vu, mal compris, mal digéré aussi, lui-même hérité d’un ailleurs traumatique bénin, d’une limite, d’un mur en nous, d’une haie de mûriers qui fait la haie le long des murs.

Alors on ne voit pas, on ne perçoit pas. On est encore et toujours à travers et finalement assis dans un spectre qui ment sur sa pureté. Conscience morale, objet vu, discours tenu… La difficulté pour moi en tant que « curator » de ce blog est de vous proposer un objet qui me plait, assez brut donc, car vous l’aurez compris j’aime mille fois mieux proposer un ukrainien du fin fond de son village que la ènième expo des grands noms de ce monde, mais que vous parveniez à saisir pour ce qu’il est ou pourrait être. Essayer de voir de nobles intentions dans ce qui, au premier abord, parait cru. Mais la vie est crue, quand on la passe debout.

Sinapsi m’a proposé cette série de neuf, à laquelle j’ai immédiatement dit oui pour cette seule raison : un corps presque dépersonalisé, comme un volume seul, qui transforme la perception de l’espace par son placement et le jeu des perspectives crée par les angles.

Une sélection plus éclectique des travaux de Sinapsi avait déjà été présentée le 15 septembre 2010, ici même.

Sinapsi, c’est good, et c’est là

>>> www.sinapsi.carbonmade.com

>>> http://sinapsiphoto.tumblr.com/