Au moment de préparer mentalement cet article et en sélectionnant les photos, je me disais très naïvement « quand je serai grand je veux être Jim Herrington » ou tout au moins « je veux faire comme ». On sous-estime d’ailleurs la vitesses à laquelle les 3/4 de la planète passe de la seconde à la première assertion et ouvre ainsi le champ d’un culte de la personnalité qui est aujourd’hui presque devenu un culte de l’a-personnalité.

Mais la naïveté que l’on a de croire et de rêver à ce monde de photos quand on est face à elles est à la fois un gage que le regard se promène dans les éléments mais aussi que cette promenade se fait dans un univers qui se compose. Jim Herrington, c’est fort. Un côté très classique parfois, de la photo qui sent le vieux, la couche de poussière mais dont on sait que si elle est là c’est dans son unicité, là comme ça, comme un hit. Des photos comme des tubes de musique (on disait « tube » avant) de ceux que l’on a pris en photo. Des photos comme les improbables records de Lance Armstrong. Des photos strong comme des romans.

Jim Herrington classe son oeuvre en trois partie, vous le verrez sur son site: people, things, places. Tout y entre. Sauf que. Sauf que les femmes de Jim Herrington entrent parfois dans les trois cases d’un coup. On est forcément à un endroit. On a souvent un objet, ou on est soi-même un objet. Mais les femmes de Jim Herrington sont aussi une chose de plus, qui ne se résume ni à a totalité des trois catégories de classement ni à du tout autre. Les femmes de Jim Herrington sont à la fois dans et hors collection.

Enfin, j’aime la façon dont le photographe n’a pas cloisonné son oeuvre ou choisit plusieurs pseudos pour publier une chose ou une autre, ce qui donnera du sens aussi à ce close-up très inhabituel sur le blog ou dans mes goûts en général. J’aime la façon dont le tout est assumé. Car on dit souvent que le photographe a une certaine responsabilité en tant qu’il éduque le regard en créant des angles, et ici, il semble affirmer que ce n’est pas à lui de se présenter fragmenté ou différent qu’il n’est, que c’est à nous d’apprendre à voir et que tout est dans la vie, ensemble.

A voir chez moi mais aussi chez lui

>>> www.jimherrington.com

>>> www.flickr.com/photos/jimherrington/