Le bilan, le point, les annonces pleine de bonnes intentions et qui gonflent un surmoi parfois déjà bien engoncé ne sont pas tellement le style de la « maison ». Des doutes sur la teneur du demain de ces contenus publiés, oui. Mais des doutes qui désignent des tracés à venir, mal perçus, à faire sans se le dire. Des doutes qui dessinent une carcasse. Des craintes sur un potentiel carcan des attentes d’autrui, du spectateur, de cet infâme  regard postulé par soi-même. Mais des craintes qui doivent encore et toujours faire naître la problématique du désir et du désiré, du désirant.

Un photographe de peu de renom m’a dit un jour que ceux qui montrent leurs productions au monde ont la responsabilité de l’éducation du regard qu’ils espèrent atteindre. Folie du paradoxe alors. Essayer de capter une attention c’est se confronter immédiatement à la question des attentes de cette attention, et donc des codes, modes et imaginaires correctifs. Or éduquer un regard, ce n’est pas le dresser aux conformités ambiantes. Et créer c’est aussi se positionner par rapport aux codes. Et montrer tout autant. Comment donc éduquer un regard si celui-ci a déjà son monde à lui ? Comment donner un nouveau langage à ce qui en a déjà un ?

« La beauté doit choquer » disait un leader de parti politico artistique grand censeur et piètre producteur. Mon « je » ne croit pas, non. La beauté doit rentrer dans l’œil mal habitué, pas éduqué, plutôt. La beauté doit frayer son chemin. Le choc ne doit pas tant être dans la volonté de casser la représentation de l’autre, la destruction mais dans le constat final qu’on est passé d’un état à un autre. C’est d’ailleurs le contrat tacite de tout apprentissage.

Partant d’un aveu d’humilité et non consentant à trop en jeter sur l’avenir, on se retrouve à lire un édito qui place certainement la barre bien haut. Mais on saura se laisser du répit.

Ce blog a toujours été constitué à 80% de productions ayant rapport aux corps, au nu, au charme, à l’érotique. Il en sera de même à la suite de cette rentrée. Parce que c’est une de mes entrées principales dans le monde de ces litanies rectangulées. Mais n’empêche… N’empêche la variété, n’empêche l’art de compiler, d’aller voir ailleurs, de se payer de jolis détours.

Pas de méprise cependant: si les filles et les corps, si le nu attire bien plus le chaland, ce blog n’a jamais voulu s’en servir comme d’une appât vers une vitrine aux couleurs moins vives, non. Le goût pour l’érotisme, parfois même dans ce qu’il a de plus cru, le goût pour la fesse, l’art du cul, le génie de faire sentir le grain de la peau du bout des yeux comme s’il s’agissait d’un bout de doigt, d’un bout de langue effrontément humide est assumé.

Et le reste des productions choisies n’est pas non plus la caution intellectuelle d’un sujet qui supporterait mal l’image qu’il se donne en la produisant dans le reflet d’un miroir peu flatteur. Non plus, non. Le reste des productions est là pour lui-même, pour ce qu’il est.

De travaux photos en travaux photos. Ouvrir. Difficile cependant. La photographie recoupe tellement de champs différents, de métiers, de compétences et de styles, de types… La photographie est tellement de choses…

On est frappé, quand on va au festival à Arles par exemple, par l’incroyable diversité et richesse de la discipline mise à l’honneur. S’il n’y avait qu’une leçon à en tirer ce serait d’essayer de faire cohabiter ensemble dans un même espace, en découpant le moins possible, tous les styles, tous les types, tous les goûts sous le chapeau « photo ».

A partir de cette rentrée, les billets seront peut-être moins nombreux mais plus fournis, sur la base d’un par semaine.

Enjoy, et merci de suivre.

Ce blog est aussi relayé sur un tumblr qui agrège l’ensemble de mes productions photos, billets de blog et autres coups de coeur reblogués directement depuis cette plateforme.

>>> lobbiaz.tumblr.com

Merci à tous ceux qui ont participé et fait ce blog l’année passée.