Le passage de l’œuvre aux mots, ou la retranscription des œuvres en mots ne sont pas choses faciles tant est admis d’un très grand nombre que si l’artiste pouvait dire ce qu’il fait, il ne le ferait pas. Comme si le discursif crevait dans l’œuf l’art brut en gestation qui jaillit presque tout seul dans la fulgurance du karma mystique des « artistes ». Comme si l’un se substituait à l’autre ou l’empêchait, dans une si triste relation d’exclusion, W, soit soit.

Évidemment, il est impossible d’épuiser les œuvres avec les mots. Évidemment qu’on arrive pas à en faire le tour, ni par la pensée, ni par l’imagination, ni par les sens. Évidemment. Mais cette réalité du sublime comme sensation -point de vue du regardant- ou secret de l’acte de créer -point de vue de l’artiste- n’est pas une preuve que le discursif et le créatif s’excluent systématiquement l’un l’autre. Ce sont deux langages et ils peuvent se compléter ou se substituer, ou même parfois s’exclure.

Alors quand on regarde les photographies de Massalo, on a envie de lâcher facile qu’il n’y a que Massalo qui fasse du Massalo. On a envie de jeter 4 adjectifs qui sonnent ensemble comme dans le titre. On a envie de donner ses impressions sur chaque détail. On a envie de dire pourquoi ces rondeurs huilées sur ces fonds carrés et sombres granuleux nous font tourner les sens, nous émeuvent. Pourquoi on y plonge. On a envie de parler du chaud du froid nuancés dans son monde nouveau, ses visions…

Mais on arrivera jamais à tout dire non plus, et même de ce que l’on ressent, parce que rien ne résume ce qui se voit. Rien. Il faut au langage les mêmes partis pris qu’à la démarche esthétique, il faut lui faire assumer ses limites, le non dit, le visage sous le drap qui crée le corps anonyme de Massalo.

Le reste des photos de Massalo

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