Entre l’image qu’on se fait des types comme nous – comme vous – et nous, il y a vous, il y a nous. Et pire encore, il y a eux. Entre l’univers dégagé du regard qu’un public porte et celui mis en œuvre dans le pendant de la séance, il y  bien des métamorphoses. « Que veux-tu qu’on pense des gossips qu’il peut y avoir sur nous, je passe mes journées à photographier des nanas à poil » m’a dit Philippe Bourgoin, il n’y a pas 1 mois, dans ce qui ressemblait à l’antichambre de son QG. Et qu’est-ce qu’on en a à foutre, qu’on pourrait ajouter.

Philippe Bourgoin ne fait que du Polaroid. Que des Polaroids, car il possède tout un attirail de sombres machines aux chauffeuses à se coller sous les aisselles, ou autres bizarreries pleines de pétouilles et d’éclat. Synonyme sans synonymie. Ses photos, d’après ce que j’en sais depuis que je les regarde, sont comme lui, d’après ce que j’en sais depuis que je garde avec moi cette image fraîche et légère du type qui est dans l’action et qui est capable de produire sur ses actions un discours à la fois dedans et détaché, animé et honnête, passionné et analytique.

Ce qui me touche dans la démarche du Polaroider, c’est son côté humain et bien là. On n’a pas à faire à un type qui essaie de prouver on ne sait quoi à on ne sait qui. On voit que ça fouille, que ça cherche, que ça tente, que c’est complètement dispersé dans la même direction. On le voit dans les clichés. Le goût du vif, du tenté, de l’animé. La pédagogie de l’erreur. La recherche non autoritaire de certains moments de grande pureté à travers tout le foutraque. Et un certain goût des autres. Un goût certain, même.

Philippe Bourgoin, ici

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